L'égalité, ça compte

Canada, quand passerons-nous à l’action pour les filles ?

En tant que mère d’un garçon de 13 ans, je peux vous assurer que le mariage est bien la dernière chose qui lui vient à l’esprit. Imaginez un instant une jeune fille de 13 ans qui s’apprête à épouser un homme de 50 ans. Imaginez la peur, l’impuissance et la violence.

C’est pourtant une réalité vécue par beaucoup trop de filles, dans beaucoup trop d’endroits sur la planète. C’était le cas en Tanzanie, un pays où Carrefour International travaille, jusqu’à ce qu’un jugement historique rendu en 2016 force le gouvernement à pousser l’âge légal du mariage à 18 ans. Or, en juillet dernier ce même gouvernement a fait appel de cette décision. Si la Cour d’appel infirme ce jugement, le mariage d’enfants sera de nouveau légal.

En Tanzanie, plus de 30 % des filles sont mariées avant leur 18e anniversaire. En effet, la loi antérieurement en place autorisait le mariage dès le jeune âge de 14 ans. De manière sans doute prévisible, une étude menée en 2018 par l’UNICEF et l’UNESCO montre que les filles sont plus susceptibles d’être déscolarisées à partir de l’âge de 15 ans et dans une proportion croissante à mesure qu’elles avancent en âge.

La Tanzanie est l’un des pays les plus difficiles au monde quand on est une fille. Les menaces de violence envers les femmes et les filles, les restrictions et les violations de leurs droits fondamentaux, ainsi que le poids de la pauvreté qui les écrase font parties des nombreux dangers auxquels elles doivent faire face.

Des volontaires canadiens, de concert avec des organismes locaux, déploient tous les efforts possibles pour faire changer les choses. Ils aident les filles à rester sur les bancs de l’école, ils soutiennent les femmes, leurs familles et les communautés qui s’efforcent de se sortir de la pauvreté, et ils renforcent l’autonomie des femmes, des filles, des hommes et des garçons de sorte qu’ils puissent faire respecter leurs droits fondamentaux.

De courageux Tanzaniens et Tanzaniennes, comme Rebeca Gyumi, luttent pour faire évoluer la situation. Mme Gyumi a contesté avec succès en 2016 la constitutionnalité du mariage d’enfants en Tanzanie et a demandé au gouvernement d’accorder aux filles une protection égale devant la loi. La Cour suprême a accepté la requête et rendu une décision déclarant le mariage avant 18 ans illégal et donnant au gouvernement un an pour porter l’âge légal du mariage à 18 ans, autant pour les garçons que pour les filles. La décision de la Cour d’appel sur l’appel du gouvernement est imminente. Dans ce contexte, nous avons donc très hâte de recevoir Rebeca comme conférencière lors du 8e déjeuner annuel de Carrefour à l’occasion de la Journée internationale de la fille.

 

Qu’est-ce qui manque dans tout ça? Notre voix. Nous pouvons amplifier la voix des filles et des femmes comme Rebeca! Nous devons exercer des pressions dans l’arène politique international. Les filles les plus vulnérables de la planète ont besoin que les dirigeants mondiaux se portent à leur défense.

Il est de plus essentiel, durant la présente campagne électorale, que tous les dirigeantes et dirigeants canadiens unissent leurs voix pour cette cause.

Je vous invite à rencontrer les candidats et candidates de votre circonscription, et à leur demander leur position sur cet enjeu. Que feront-ils pour faire progresser les droits des femmes et des filles? Les Canadiens et Canadiennes savent que nous ne sommes pas à l’abri des propos dénigrant violemment les femmes ni du recul des droits qu’on observe depuis quelque temps un peu partout dans le monde. Nous devons continuer à avancer. Selon un récent sondage mené par Nanos Research, 81 % des Canadiens et Canadiennes conviennent que le Canada devrait faire sa juste part pour aider les pays du Sud. Si vous êtes d’accord, passons à l’action!

 

 

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