NOTRE TRAVAIL

FAIRE EQUIPE POUR L’AUTONOMISATION DES FEMMES

Par la Carrefouriste au Ghana, Melanie Anderson

Une équipe de sept volontaires du programme Québec sans frontières (QSF) est récemment venue effectuer un programme d’immersion de dix semaines dans la région rurale de la Volta au Ghana pour améliorer l’autonomisation des femmes dans le secteur agricole. C’était le premier groupe QSF à effectuer un mandat au Ghana, enclave anglophone nichée au sein de l’Afrique de l’Ouest francophone. Avec le soutien de Carrefour International, le groupe a travaillé avec le partenaire local, Pro-Link, pour aider un groupe de femmes à développer leurs pratiques agricoles et à générer des revenus supplémentaires. Depuis janvier, je travaille à Kadjebi avec Carrefour sur des projets similaires d’autonomisation économique des femmes, j’avais donc hâte de rencontrer un nouveau groupe de personnes qui allait apporter des nouvelles idées à la communauté (et c’était également l’occasion parfaite de pratiquer mon français !).

Comme équipe, nous avons formé un groupe de femmes du village voisin dans des domaines tels que la gestion, le marketing et les ventes, la comptabilité, la constitution de groupes, l’égalité des sexes et les techniques agricoles biologiques. Le financement du groupe fut suffisant pour supporter un système d’irrigation pour étendre la saison des cultures jusqu’aux mois secs d’hiver, doublant potentiellement les revenus annuels de ces femmes. Le but de ces femmes est de créer une source de revenus qui leur permettrait de soutenir leur famille, d’acquérir une indépendance économique et d’améliorer la sécurité alimentaire dans leur communauté. Le groupe QSF a également participé à des visites des champs, défrichant la terre, préparant et plantant une pépinière et ils ont même aider à planter quatre hectares de maïs à la main !

Le groupe de volontaires QSF travaillant avec Melanie, un groupe de femmes, des membres de Pro-Link et du Ministère de l’agriculture

Le modèle agricole classique au Ghana, tel qu’il est encouragé par le ministère de l’agriculture, est très lourd en fertilisants chimiques, graines OGM et pesticides. Le groupe eu l’inspiration de développer et construire un programme de compostage, le premier du genre dans la région, et nous sommes heureux de voir qu’il est déjà utilisé par les membres de la communauté. L’objectif de ce programme de compostage est d’informer les femmes et les membres de la communauté sur l’utilisation des restes de nourriture organiques en tant que fertilisants pour leurs cultures, réduisant ainsi leur dépendance aux fertilisants chimiques disponibles et réduisant les déchets.

Chacun des membres du groupe QSF a apporté des compétences particulières telles que la biologie, l’agrologie, l’enseignement, les relations internationales et les ressources humaines, compétences qui ont été associées dans un groupe de réflexion dynamique pour établir comment aborder et effectuer leur mandat sur un court été. Un des volontaires, François-Xavier, a levé des fonds pour son voyage en produisant et vendant du savon fait main au Québec. Avec ses compétences, nous avons pu organiser plusieurs ateliers de confection de savon pour introduire une nouvelle opportunité de revenu pour les femmes en saison basse. A chaque fois que nous « préparions » le savon, des groupes se rassemblaient et nous partagions le produit fini avec eux, encourageant les femmes à apprendre un nouveau métier et les enfants à se laver avec du savon et de l’eau.

Quand le groupe QSF est arrivé, ils ont dû s’habituer à la nourriture épicée, à la barrière de la langue et aux moustiques qui peuvent tuer. Les derniers jours passés ensemble ont été remplis de visites, de sourires et d’échanges de cadeaux avec des hôtes qui étaient un peu devenus des extensions de notre famille Ghanéenne. La ville fut réellement triste de voir leurs nouveaux amis partir mais ce que le groupe QSF a offert à ces femmes, leur famille, amis et à l’ensemble de la communauté laissera un impact durable. Pour ma part, je serai encore là quelques mois pour veiller sur les fruits de leur travail, qui ont déjà commencé à pousser et qui apporteront un futur meilleur pour les protagonistes locaux.