L'égalité, ça compte

C’est un fémicide

Quand j’ai vu l’alerte AMBER tard dans la nuit, j’ai eu une boule à l’estomac. Le lendemain matin, la nouvelle déchirante est tombée. Riya Rajkumaran, une jeune fille de 11 ans de Brampton, en Ontario, était morte assassinée, comme nous l’avons appris plus tard, par son propre père.

L’assassinat de Riya n’est pas un acte isolé au Canada. En moyenne, une femme ou une fille est tuée au pays tous les 2,5 jours – une tendance constante depuis quatre décennies, le plus souvent de la main d’un partenaire ou d’un membre de leur famille.

Ces faits alarmants sont révélés avec minutie dans le rapport intitulé #Cestunfémicide, publié en janvier dernier par L’Observatoire canadien du fémicide pour la justice et la responsabilisation (OCFJR). Il dresse un tableau sombre de la violence entre partenaires et famille, de la vulnérabilité des femmes vivant en zones rurales, des femmes autochtones et des femmes racisées.

L’OCFJR a été créé à la suite d’un appel des Nations Unies à tous les pays à « documenter de manière plus complète et plus précise les assassinats de femmes et de filles liés au genre ou les fémicides ». Leur travail novateur reflète également le pourquoi? – le rôle de la jalousie sexuelle et de l’idée de propriété masculine sur leur partenaire. Il s’avère que le harcèlement est également un facteur de risque de fémicide intime.

Partout dans le monde, la sécurité, les droits et le bien-être des femmes sont menacés. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, 1 femme sur 3 a été victime de violence physique ou sexuelle. La majeure partie de cette violence est exercée par un partenaire. À l’échelle mondiale, comme au Canada, le lieu le plus dangereux pour une femme se trouve souvent dans son foyer, puisque 38% des meurtres de femmes dans le monde sont commis par un partenaire intime de sexe masculin.

La manière dont nous réagissons à la violence à l’égard des femmes varie également beaucoup selon votre lieu de résidence. Le concept même d’accès à la justice est trop souvent hors de portée pour beaucoup de femmes. Et pour les victimes comme Riya et sa mère, ou pour les 148 femmes et filles qui ont été tuées au cours d’un acte de violence sexiste l’année dernière au Canada, une justice retardée est une justice refusée.

 

C’est pourquoi nous devons toutes et tous faire entendre notre voix. Prévention de la violence, lutte contre les causes profondes et accès à la justice sont les domaines  essentiels sur lesquels Carrefour International travaille. Les obstacles à la justice pour les femmes du Sud sont variés. Ils vont des lois faibles à des ressources insuffisantes pour poursuivre en justice, en passant par des attitudes culturelles ancrées dans le patriarcat qui découragent les dénonciations et les enquêtes. Une récente initiative de surveillance des tribunaux soutenue par WiLDAF Ghana et des volontaires de Carrefour au Ghana a révélé que seuls les cas d’abus les plus graves faisaient l’objet de poursuites et que la grande majorité d’entre elles étaient ajournées ou abandonnées. Mais grâce à leur documentation complète, des recommandations d’améliorations sont en cours d’élaboration et sont partagées avec les autorités par les partenaires locaux. En Tanzanie, les volontaires de Carrefour travaillent en tant qu’assistants juridiques pour en apprendre davantage sur les lois locales afin d’aider davantage les femmes de leurs communautés à comprendre et à faire valoir leurs droits. Au cours des dix dernières années, Carrefour a réussi à atteindre plus de 70 000 personnes grâce à son programme d’accès à la justice.

C’est le potentiel que nous avons lorsque nous élevons notre voix, mais nous ne pouvons pas oublier d’écouter pour savoir comment nous pouvons aider. C’est pourquoi, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, nous demandons aux femmes: que voulez-vous ? Le droit de vivre sans violence ? De choisir vos partenaires ? D’être écoutée? De faire respecter vos droits ? D’élever votre enfant loin de la pauvreté? D’être libre?

Que diriez-vous ? Avec #QueVeulentlesFemmes2019, dites-nous ce que vous souhaitez.

About Christine Campbell
Christine is the National Director External Relations at Crossroads International. She has more than 20 years’ experience engaging stakeholders to advance public policy, increase profile and financial support.

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