L'égalité, ça compte

Nous pouvons aider les victimes de violences à accéder à la justice

Je soutiens les victimes de violences sexistes au quotidien dans mon travail. En tant qu’activiste au tribunal chargé des causes de violences familiales à Toronto, je prépare les victimes à participer activement au système judiciaire, et de ce fait améliorer leur accès à la justice.

Les victimes de violences fondées sur le genre sont traumatisées et doivent naviguer dans les méandres du système judiciaire. Des mesures sont heureusement mises en place afin d’alléger ce fardeau.

Nous sommes chanceux que les lois qui assurent la protection des femmes et des enfants aient évolué au Canada. Je vois de grandes possibilités qui peuvent naître de partenariats entre le Canada et les pays du Sud qui s’efforcent d’améliorer l’accès à la justice pour les femmes et les enfants.

Le Canada peut les aider à y arriver, et donc aider à mettre fin au cycle de la violence.

En tant que membre de l’équipe du programme Accès à la justice de Carrefour international, j’ai visité la région de Moshi, en Tanzanie, à trois reprises depuis 2017. Les équipes étaient généralement composées d’un procureur de la Couronne, d’un juge, d’un policier, d’un avocat de la défense et de moi-même.

Naviguer la justice

Comme les sympathisans de Carrefour international le savent, la Tanzanie est un des pays où il est le plus difficile de vivre pour les femmes et les filles.

Lorsque que j’ai été témoin du manque de soutien apporté aux victimes de violences sexuelles qui font face au système judiciaire de la Tanzanie, cela m’a fait penser à la situation du Canada il y a 30 ans. Pour cette raison, je suis convaincue que la passion et l’engagement que j’ai observés chez nos homologues qui travaillent à améliorer le sort des femmes et des enfants en Tanzanie peuvent changer les choses.

L’engagement des organismes comme KWIECO, des travailleurs sociaux et des avocats qui sont sur le terrain en Tanzanie est particulièrement efficace et inspirant. Ils contribuent à combler l’écart, mais leur capacité à opérer des changements durables dépend du soutien apporté aux programmes qui permettent de partager l’expérience et les compétences canadiennes, comme Accès à la justice.

Ce qui m’a marquée le plus en 2017, c’est la nécessité d’améliorer la coordination entre les agences de service social et les autres parties prenantes du système judiciaire. Un défi de taille auquel faisaient face les travailleurs sociaux était la responsabilité de remplir les formulaires officiels qui documentaient les plaintes des victimes de violence. Cette tâche revient normalement aux policiers et cette structure pouvait compromettre le rôle de conseiller et de soutien aux victimes du travailleur social, tout en ne permettant pas de réduire les risques pour la sécurité des victimes.

D’énormes progrès ont été accomplis au cours des deux dernières années. La coordination entre les agences de service social s’est améliorée et les plans d’intervention sont régulièrement élaborés en collaboration afin de mieux soutenir les victimes. Il y a maintenant un tribunal pour adolescents et les travailleurs sociaux doivent participer à toutes les audiences qui impliquent des jeunes. Les policiers interrogent les victimes en et documentent les détails des violences qu’elles ont subies plus fréquemment et en personne. Le financement nécessaire a été mis en place afin de couvrir les coûts qu’un témoin doit payer lorsqu’il se présente au tribunal pour faire sa déposition dans une affaire de violence sexiste.

Patricia Wilson (à gauche) s’est jointe à Elizabeth Minde, directrice générale de KWIECO, l’autre membre de l’équipe Accès à la justice et procureure de la Couronne, Cidalia Faria, et une avocate principale tanzanienne.

 

renforcer le système pour que justice soit rendue

C’est encourageant de voir ces changements, de savoir que les victimes de violences sexistes seront davantage soutenues pour accéder à la justice et à de nouvelles ressources leur permettant de passer à la prochaine étape de leur vie.

J’ai été témoin et j’ai partagé mes connaissances, mais j’ai aussi accumulé des connaissances considérables sur la culture tanzanienne et cela guide mon approche avec les personnes issues de cette culture dans un contexte canadien.

Ce n’est pas tout le monde a la chance de visiter des endroits comme la Tanzanie afin de soutenir les efforts pour mettre un terme aux violences sexistes, mais il existe d’autres moyens pour y arriver. Les 16 jours d’actions pour mettre fin à la violence faite aux femmes ont commencé le 25 novembre, date de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, continueront jusqu’au 5 décembre, date de la Journée internationale des volontaires, et se termineront le 10 décembre, date de la Journée des droits de la personne.

C’est une occasion d’agir. Apprenez en plus sur l’état de ce problème ici comme ailleurs. Parlez avec vos voisins et vos collègues. Sensibilisez-les sur l’écart entre l’accès à la justice pour les personnes qui vivent au Canada et celles qui vivent dans les pays du Sud. Beaucoup plus de choses peuvent être faites dans le domaine de l’élaboration des politiques pour soutenir les organismes comme Carrefour international et KWIECO, qui amènent des changements sur le terrain dans des endroits comme Moshi.

Si vous aspirez à ce que la justice soit rendue à toutes les victimes de violence, nous devons agir. Je vous encourage à me rejoindre.

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