Travailler pour l’égalité des genres dans le Burkina Faso rural

par Maminata Fofana

Tout être humain est une richesse : femmes, hommes, garçons, filles, nous avons toutes et tous quelque chose à apporter à toute société.

Résidente permanente à Montréal depuis 2014, je suis passionnée de projets solidaires, avec des actions au Canada et en Afrique de l’Ouest.  J’ai donc décidé de m’engager au Burkina Faso, ce merveilleux petit pays entre le Mali et le Ghana afin de participer aux actions de promotion de l’égalité femmes-hommes pour un avenir plus juste et équitable pour les femmes des milieux ruraux burkinabé.

Grâce à mon expérience en planification dans le domaine communautaire j’ai pu intégrer le programme de volontaire de Carrefour au Burkina il y a quelques semaines. Selon un rapport de l’OCDE publié en janvier 2018, 90 % de la population pense que le travail domestique non payé relève de la responsabilité des femmes et 70 % ne pense pas que ce travail devrait être partagé. Je veux que ces chiffres changent en contribuant à l’éradication des principaux problèmes qui touchent les femmes sub-sahariennes et les empêchent de s’autonomiser pour améliorer leurs conditions de vie. J’ai donc commencé mon 1er mandat de 12 mois au sein de la Coalition Burkinabè des Droits de la Femme (CBCF), partenaire local de Carrefour International. En tant que conseillère en planification stratégique, j’appuie cette grande coalition de défense des droits des femmes burkinabé dans ses actions à l’échelle régionale et nationale.

Absence de scolarisation, violences physiques et psychologiques, non-respect de leurs droits, sont certains des principaux obstacles auxquelles les femmes et les jeunes filles doivent faire face dans la plupart des pays africains et particulièrement en milieu rural. En l’espace de quelques semaines, j’ai déjà noté des disparités importantes entre les sexes : les femmes et les filles effectuent tous les travaux ménagers et s’occupent de toute la famille. Cependant, elles sont très peu sollicitées dans la prise prendre part aux décisions qui les affectent elles, leur foyer et leur communauté également.

 

comprendre et soutenir les programmes locaux

Au sein de la CBCF, j’appuie l’équipe dans sa mission de contribuer à accroître le respect des droits des femmes lorsqu’ils leur sont refusés. Je sensibilise également les populations locales en participant à l’élaboration du plan stratégique des 5 prochaines années. J’ai donc pu échanger avec les bénéficiaires de différents programmes : soutien face à l’exploitation familiale, communication dans les foyers, sensibilisation à la diversification alimentaire, ou encore élevage.

Le projet de soutien face à l’exploitation familiale est exécuté par la CBDF grâce au partenaire financier Tanager. Il vise à promouvoir de bonnes pratiques dans les ménages afin d’atténuer la charge mentale et physique des femmes, contribuer à leur autonomisation financière par le développement d’activités commerciales et à améliorer l’état nutritionnel des foyers. J’analyse la portée des actions de notre partenaire et des mécanismes mises en place pour atteindre ses objectifs de développement. Je suis appelée à organiser des ateliers avec les membres et partenaires de la CBDF afin de comprendre leurs besoins et leurs modes de fonctionnement. Je suis heureuse de découvrir que les programmes fonctionnent, que certains maris communiquent mieux avec leurs femmes alors qu’auparavant les tensions conjugales pouvaient donner lieu à des abus physiques. Les bénéficiaires rapportent comment certaines connaissances acquises lors des formations les ont aidées à se prendre en main, à oser demander à travailler afin d’augmenter les revenus du ménage

 

faire partie d’une communaute

Je suis arrivée il y a quelques semaines à peine et je me sens déjà comme un membre à part entière de la grande famille de la CBDF! Je suis heureuse de célébrer la Journée Internationale du Volontariat ici au sein de cette communauté soudée et résiliente. Je reçois souvent des invitations à partager des repas et prendre part aux activités proposées par les habitants et les habitantes que nous accompagnons au quotidien. J’apprends et je découvre chaque jour de nouveaux aspects enrichissants de la vie locale qui peut-être me permettront de contribuer au bien-être social et économique des femmes de Tita et Poa voire de Ouagadougou.

Je conseille vraiment à toute personne qui souhaite mettre ses compétences à profits d’une association de bien réfléchir, se renseigner et de se lancer : vous vivrez une vraie aventure humaine!