Un nouvel espoir pour l’accès à la justice des enfants au Ghana

L’année dernière fut terriblement difficile sur le plan des droits de la personne dans le monde. Mais décembre est arrivé avec une bonne nouvelle pour les femmes, hommes, filles et garçons du Ghana. À Accra, la juge en chef Sophia Akuffo et la deuxième Dame du Ghana, Hajia Samira Bawumia, ont inauguré le 1er tribunal du pays chargé des affaires de violences fondées sur le genre et adapté aux besoins des enfants.

ACCÈS À LA JUSTICE POUR CHAQUE ENFANT GHANÉEN.ne

Ce nouveau service s’inscrit dans la volonté ghanéenne de faciliter l’accès à la justice de sa population la plus vulnérable, ses enfants. Le tribunal vise à améliorer l’expérience que vivent les enfants devant les tribunaux, à protéger leurs droits et à fournir un soutien adéquat aux jeunes contrevenant.es. Il est modulé de manière à réduire l’anxiété et le stress des enfants qui sont souvent victimes ou témoins de crimes.

« Les procédures judiciaires sont adaptées de manière à être moins intimidantes pour les enfants et à améliorer la qualité de leur témoignage », déclare Melody Darkey, coordonnatrice de programme auprès de WiLDAF, le partenaire local de Carrefour International. « Parallèlement au tribunal, nous souhaitons l’implantation de comités des droits des enfants dans les communautés et écoles partout au pays qui appuieront le projet en sensibilisant les parents et les enfants à leurs droits. »

Cette initiative est le fruit des efforts de Carrefour aux fins de rendre la justice plus accessible pour les survivantes de violence fondée sur le genre au Ghana. En collaboration avec WiLDAF Ghana, Carrefour travaille depuis plus de dix ans à éduquer la population en matière juridique, des droits des femmes et de la loi sur la violence familiale. Ces programmes soutiennent la formation de bénévoles en alphabétisation juridique, des actrices et acteurs du système judiciaire et des chefs traditionnels.

En 2018, Carrefour a contribué à la mise en œuvre d’une initiative de surveillance des tribunaux. Une équipe de volontaires a observé 280 affaires judiciaires afin d’évaluer l’accès des femmes et des filles à la justice et l’application de la loi sur la violence familiale. L’initiative a permis de révéler de sérieuses et persistantes failles quant à l’accès à la justice des femmes et des filles victimes de violence. Tout porte à croire que le renforcement du système judiciaire avec la mise en place du 1er tribunal chargé des affaires de violence fondée sur le genre et adapté aux besoins des enfants pourra accroître le succès des poursuites.

 

RENFORCEMENT DU SYSTÈME JUDICIAIRE

Le tribunal tiendra compte des droits des enfants à la protection, de même que de leurs besoins et avis.

« Nous espérons que les juges, les procureur.es et l’ensemble du système de justice répondront aux besoins physiques et affectifs des enfants afin de leur permettre de témoigner devant le tribunal sans crainte ni intimidation en reconnaissant leur extrême vulnérabilité et en faisant le nécessaire pour les empêcher de revivre des situations traumatiques. », note Simidele Orimolade, agente de programme pour Carrefour International au Ghana.

Le gouvernement entend implanter 9 autres tribunaux adaptés aux besoins des enfants dans d’autres régions du pays. Pour y parvenir, il faudra toutefois

« disposer d’un financement à long terme et assurer la formation des travailleuses et travailleurs sociaux, agentes et agents de police, enseignantes et enseignants, médecins, infirmières et infirmiers et de toutes les autres personnes susceptibles d’être en contact avec des enfants qui sont victimes, témoins, plaignant.es ou contrevenant.es afin d’accroître l’efficience de l’ensemble du système. »