Boys4Change de Scarborough à Accra

« Si nous voulons vraiment faire progresser l’égalité pour les filles, les garçons doivent faire partie du process », a déclaré Edem Hunu, responsable des programmes pour WiLDAF Ghana, qui dirige le programme d’autonomisation des filles.

En 2017, après le lancement réussi du programme d’autonomisation des filles, WiLDAF a sollicité le soutien de Carrefour pour piloter un programme destiné aux garçons. C’est là que Randell Adjei et Anthony Gebrehiwot, deux entrepreneurs sociaux de Scarborough ont rejoint le projet.

 

 

Randell est le fondateur de RISE (Reaching Intelligent Souls Everywhere), un organisme de jeunes artistiques de Toronto qui se consacre à aider les adhérents à trouver leur voix, à chercher eux-mêmes et à trouver leur raison d’être et à rendre le monde meilleur, en particulier les personnes de couleur qui sont généralement défavorisés, réduits au silence, marginalisés, racialisés. Anthony Gebrehiwot quant à lui est membre de l’équipe RISE, leader communautaire passionné et entrepreneur social.

« À Toronto, nous sommes perçus comme des hommes qui ne pratiquent pas la masculinité toxique. Et je pense que nous avons appris cela grâce à notre expérience avec RISE. En grandissant avec RISE, nous avons en quelque sorte appris à nous désintoxiquer. Il nous a fallu du temps pour arriver à enseigner et à partager ce que nous avons appris au cours de nos propres expériences de vie », déclare Anthony.

« Il est essentiel que, comme les jeunes femmes apprennent et se développent, les garçons fassent de même. Sinon, le cycle des inégalités se poursuivrait malgré les connaissances et les expériences acquises par les filles », a-t-il ajouté.

 

Lors de leur premier mandat à l’étranger, ils ont mis leur expérience au service des populations du Ghana. Leur travail avec WiLDAF a permis de développer un projet pilote pour les garçons qui les inciterait à combattre les stéréotypes de genre, Boys4Change. Tirant parti des expériences positives et négatives qu’ils ont eues à Toronto et à Scarborough, les deux partenaires ont organisé des ateliers et des sessions de formation afin de montrer des moyens de prévenir la violence sexiste.

 

« Anthony et moi avons réalisé que, si nous avions eu le type de mentorat que nous avons donné à ces garçons, nous n’aurions probablement pas eu autant de problèmes quand nous étions jeunes. Heureusement, nous avons eu le mentorat un peu plus tard dans nos vies et c’est pourquoi nous passons le flambeau aujourd’hui », ajoute Randell Adjei.

Le mois dernier, ils sont retournés au Ghana pour poursuivre leurs travaux avec le nouveau partenaire DUNK, une organisation locale qui aide les garçons vivant dans la pauvreté en aidant ces jeunes étudiants-athlètes à devenir des agents de changement.

 

 

Dans ce programme pilote, les deux hommes ont mobilisé les arts et le sport, en particulier le basket-ball, pour impliquer les garçons dans des activités enrichissantes tout en explorant les questions sexospécifiques et les normes de transformation du genre à la maison et à l’école. Des années de travail avec des jeunes Canadiens ont permis aux deux hommes de partager avec ces garçons comment ils pouvaient se développer, grandir et transformer leur quartier pour eux-mêmes, pour leur communauté, ainsi que pour les filles et les femmes.

 

Au-delà de leur travail avec les garçons, ils ont également mis au point un programme d’études visant à renforcer l’initiative et à la diffuser dans tout le pays.

« Nous partageons ce que nous savons avec eux et nous apprenons aussi ce qu’ils savent pour pouvoir nous entraider. Je pense que le mentorat est une relation réciproque et que nous enseignons, mais nous apprenons aussi, dit Anthony.